Un athlète Sarrazin aux Européens d’athlétisme

Un athlète Sarrazin aux Européens d’athlétisme
03 Mar 2019

Samedi 2 mars, à Glasgow et sur 60 mètres, Sylvain Chuard se mesure à la crème de l’athlétisme européen, un de ses objectifs avoués du début de saison. Un gros bonheur pour ce gars fort sympa, souriant et un «monstre de travail» comme le relève son entraîneur du Lausanne-Sport Stéphane Diriwächter. Pour mériter cet honneur en compagnie de 16 autres athlètes suisses sélectionnés, Sylvain a mis le turbo lors du week-end des 16 et 17 février lors des championnats nationaux à Saint-Gall. Il a tout d’abord remporté sa série en 6’’78, puis la demi-finale avec deux centièmes de plus. Et lors de la finale qu’il termine au second rang, c’est le gros chrono qu’il attendait depuis de longs mois: 6’’73 avec à la clé, les minima pour les Européens.

« Cette fois, c’est fait ! »

À l’arrivée, en prenant connaissance de son temps, c’est un cri énorme et l’explosion de joie. «Cette fois, c’est fait! A force de tourner autour des 6’’80 et de trop y penser trop, ça vient pas. Et quand on n’y pense pas, ça roule. Le chrono est là après deux saisons blanches, ça fait plaisir de revenir au top. Ce seront mers premiers championnats d’Europe élite… Je me réjouis déjà d’y être!», déclarait-il à chaud.

Quelques jours plus tard, il confirmait cet immense plaisir de participer à une telle manifestation et aussi une forme de soulagement pour lui qui, pendant de longs mois, ne progressait plus. «Les raisons? Aucune idée. Peut-être une barrière psychologique que je me mettais. Une situation pas facile, l’idée d’arrêter m’a effleuré, tout en sachant qu’au fond de moi je ne pouvais pas lâcher. On se met à trop réfléchir et à remettre en cause l’entraînement. J’ai beaucoup discuté avec mon coach qui m’a sans cesse encouragé, me disant que le travail allait payer. Et il avait raison! Ces deux saisons ont constitué pour moi une forme d’apprentissage», relève-t-il, très lucide.

Sylvain parle d’une demi-finale possible, tout dépend de la forme du jour, mais aussi de la constitution des listes de départ. «Cet objectif est dans mes cordes. En 2017, il fallait 6’’72 pour aller en finale… donc je ne suis pas loin!»

Progresser aussi sur 100 mètres

Pour la saison d’été, Sylvain a noté deux rendez-vous: à fin juin, les Jeux européens à Minsk en Biélorussie et les Championnats du monde militaire à Wuhan, en Chine, durant le mois d’octobre. Ces participations passent par une amélioration de son meilleur chrono sur 100 m, ce qu’il compte bien réaliser. «On a beaucoup travaillé les départs, un peu ma bête noire, et j’ai réussi à gagner quasi 1/10 de seconde. Comme je reste performant sur les fins de course, ça laisse présager de belles choses», avoue-t-il dans un grand sourire. La conclusion à son coach affirmant que «Sylvain s’est tellement investi pour réussir cette performance de 6’’73. Elle constitue la récompense de son assiduité au travail et la preuve qu’il possède encore une belle marge de progression».

Claude-Alain Monnard