Champ de Batoille – la chronique de Magali Charlet

Champ de Batoille – la chronique de Magali Charlet
20 Mar 2020

J’étais partie en me disant: «Surtout, tu n’écris pas sur le Coronavirus! Tu te débrouilles, tu trouves un sujet qui parle du vocabulaire maritime, du bonheur de ne pas avoir à partager ses chips quand on voyage seul, ou tu fais des blagues sur l’origine du soutien-gorge, mais tu n’abordes pas LE sujet!».

Sauf que ce virus, c’est quand même fort intéressant au niveau de tout ce que ça révèle de notre société. Alors j’ai quand-même envie d’en parler. Par exemple, on sait maintenant qu’une grande majorité de personnes n’aime pas les choux de Bruxelles. Parce que c’est à peu près le seul légume qui restait dans les congélateurs des supermarchés vendredi 13 mars à 17h.

Certaines chaînes pornographiques ont récemment été mises en accès gratuit en Italie, en lien avec la période de confinement. C’est sympa. Et ça explique peut-être une partie de la ruée sur le pq. L’eau dans les bénitiers, ça a beau se trouver dans un lieu saint, ce n’est pas très propre, raison pour laquelle tous les bénitiers ont récemment été mis à
sec. Oui parce que certaines personnes ne se lavent les mains que depuis quelques jours. Ça aussi on vient de le découvrir.

Le Coronavirus est vraisemblablement une entité anticapitaliste et écolo.

Ah, et il n’aime pas le Spritz. Je le sais parce qu’on était à Aoste fin février et qu’on n’est pas tombés malades. Le Spritz est la seule explication plausible. Blague à part, c’est quelque chose d’assez fou que l’on est en train de vivre et je ne peux pas m’empêcher d’y trouver de la satisfaction. Rien que la fermeture des écoles, c’est un truc dont on a tous rêvé au moins une fois, sauf qu’il n’y avait jamais assez de neige, qu’il ne faisait jamais assez chaud, bref que ce n’était jamais assez dangereux.

Entendons-nous, je n’ai aucun plaisir à ce que des personnes meurent et que de petits commerçants et autres indépendants soient lésés financièrement, ça c’est évident, mais je trouve que cette mise à l’arrêt de toute une société et tout ce que cela engendre est une aubaine à une époque où de réelles questions sur notre mode de vie doivent être posées et de réelles mesures prises.

Je rêve que tout cela engendre un profond changement au sein de notre société. J’ai cette pensée – un peu ésotérico-olé-olé je vous l’accorde –, que la Terre est en train de prendre en main toute seule (faute de soutien de la part des humains) le rééquilibrage qui sauvera sa peau.

Magali Charlet