La chronique de Magali Charlet

Énième discussion sur l’écologie, je pouffe comme une bécasse avec C. au bout de la table, on préfère se remémorer une BD très marrante qu’on a lue que parler de trucs sérieux qui ne mènent à rien, puisque tout le monde finit toujours par s’apercevoir qu’on est tous d’accord autour de la table pour conclure «On fait de notre mieux, mais on pourrait faire davantage, mais c’est complexe».

Être écolo, c’est un peu comme respirer, ça devrait aller de soi, il ne devrait même pas y avoir un parti des Verts, tous les partis devraient être verts (dixit mon ostéo). On n’en est pas encore là. Et à l’issue de cette soirée, je me suis quand même posé la question pour de vrai: au fait, je suis écolo moi?

J’ai fait un tri entre ce que je fais qui ne me demande aucun effort, ce que je fais qui me demande un peu d’effort, et ce que je pourrais/voudrais/devrais faire qui me demanderait de gros efforts (c’est-à-dire des changements dans la vie, le truc difficile quoi). Certains d’entre vous font mieux, d’autres moins bien (ce n’est pas bien!), d’autres pareil.

Très naturellement (je n’ai aucun mérite), j’utilise le moins d’eau possible: j’interromps la chasse d’eau au milieu, je me douche vite fait et intégralement seulement un jour sur deux (pour l’écologie de ma peau). Je mange et je bois le plus souvent possible local et/ou bio, j’ai un sac en tissu pour les légumes quand je fais les courses, je fais la vaisselle avec un pain de savon de Marseille (pas d’emballage), je ne mets pas beaucoup de lessive et j’en fais des «express», j’étais dans les premières à avoir un masque en tissu, j’ai une voiture qui consomme peu, je fais le plus possible les petits trajets du quotidien à pied ou en vélo, je ne prends jamais l’ascenseur, je bois peu de café et mange peu de viande, plusieurs de mes possessions sont de la récup’ (ordi, meubles, habits, livres, etc.). Ah et j’essaie d’être sympa, je pense que c’est une forme d’écologie aussi (le karma, tout ça).

Trier et amener les déchets aux bons endroits me demande un peu d’efforts, ainsi que faire gaffe à éviter les emballages (peut mieux faire), ne plus prendre l’avion et aller au bout du «projet jardin» avec S. Je n’arrive pas encore à utiliser des slips avec serviette hygiénique intégrée lavables, à ne plus manger de viande du tout, à acheter des fringues éthiques (sont moches et/ou chers), ni à vivre en communauté autonome.

Mais le plus difficile en fait, c’est de rester «non-jugeante» face à ma voisine qui met plein d’adoucissant, mon pote B. qui ne trie pas l’alu, et tous les blackfrideurs irraisonnés.

M.C.