Józef Czapski, un destin d’exception

Józef Czapski, un destin d’exception
23 Oct 2020

MONTRICHER – NOUVELLE EXPOSITION À LA FONDATION JAN MICHALSKI

Vernie le 2 octobre dernier, la nouvelle – et superbe – exposition de la Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature va durer jusqu’au 17 janvier Elle a consacrée à une destinée d’exception, celle de Józef Czapski.

Peintre, écrivain, critique et penseur éclairé, cet artiste – né à Prague en 1896 et mort en 1993 à Maisons-Laffitte, à l’âge de 96 ans – a traversé l’entier du XXe siècle, et en a connu intimement les tragédies et bouleversements.

Il échappe au massacre

D’origine polonaise, il grandit dans un Empire russe en déclin. La Première puis la Seconde Guerre mondiale le confrontent comme soldat et officier aux affres et revers des conflits. Il est déporté dans le camp de Starobielsk, en Ukraine orientale. Sur les 4’000 prisonniers du camp, il sera l’un des 79 à échapper par miracle à Katyn et autres lieux de massacre des officiers polonais. Il n’aura de cesse ensuite de combattre le nazisme au sein de l’armée polonaise d’Anders à partir de 1941.

Dès l’après-guerre, Czapski s’installe près de Paris, à Maisons-Laffitte, sans jamais plus pouvoir retourner en Pologne. Il devient membre actif de la célèbre revue de la dissidence polonaise Kultura, éditée en France, et y dénoncera les totalitarismes et les mensonges de l’histoire.

Il a rebâti son oeuvre

Si ses oeuvres ont été détruites durant la guerre, Czapski se remet à l’ouvrage depuis sa chambre-atelier, il écrit et peint à nouveau durant cinq décennies. En témoignent les quelque 300 volumes de ses journaux intimes quotidiennement emplis, entre 1941 et 1992, de notes, de recherches, dessins et aquarelles entremêlés, qui contiennent en germe tous ses textes littéraires – Souvenirs de Starobielsk et Terre inhumaine –, ses essais sur l’art – L’oeil ou encore Tumulte et spectres – et tous ses tableaux.

La peinture donnant plein sens à sa vie, Czapski écrivait «Je respire toujours de ma respiration, je vois toujours, je respire toujours avec les yeux.» De ce souffle se déploie un langage pictural fondé sur la tache de couleur, concentré sur la nature, distillée, épurée, de tout ce qui n’est pas essentiel.

À travers un choix de journaux, de livres, de dessins, ainsi qu’un ensemble d’oeuvres peintes significatives, des autoportraits aux natures mortes, en passant par des paysages et des scènes de «théâtre du quotidien» et de musée, l’exposition de la Fondation Jan Michalski donne à voir le processus de création de l’écriture à la peinture de Czapski, une destinée exceptionnelle dans une âme humaniste.

Parallèlement, pour poursuivre le parcours dans la peinture de Czapski, une cinquantaine de tableaux sont présentés à Chexbres à la Maison des arts Plexus de Richard Aeschlimann, ami et galeriste suisse de l’artiste polonais depuis 1976, soulignant que la Suisse lui fut aussi un refuge, un lieu de reconnaissance privilégié, où se sont noués des liens avec des artistes, des écrivains et avec ses éditeurs L’Âge d’Homme et Noir sur Blanc.

On peut donc voir cette exposition jusqu’au 17 janvier 202, du mardi au vendredi, de 14h à 18h et le weekend, de 11h à 18h.

L’entrée est au prix de CHF 5.- (plein tarif) et CHF 3.- (étudiants, groupes, retraités, chômeurs, AI). C’est gratuit pour les moins de 18 ans, les habitants de Montricher ainsi que les premiers dimanches du mois (le prochain sera le 1er novembre).

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