Le basket-ball fut inventé en 1891 aux États-Unis par un prof de gym dont le but était de maintenir la condition physique de ses élèves durant l’hiver. Ce sport devint rapidement populaire et son introduction en Europe date de la guerre 14-18 où le corps expéditionnaire américain le fit découvrir aux soldats alliés.

Du CAC au BBC

En Suisse, on ne le connut qu’à partir de 1926, en particulier par les Unions Chrétiennes de jeunes gens.
Le premier club fut fondé à Genève et le canton de Vaud suivit quatre ans plus tard. Après l’enthousiasme du début, tout faillit tomber à l’eau. Dans ces moments difficiles, des personnalités volontaires s’avérèrent précieuses et ne renoncèrent pas. Les Genevois envoyèrent même des équipes en Pays de Vaud pour disputer des matchs, donner des conférences ou des cours.

À Cossonay, le 3 août 1938, lors d’une séance tenue au Café de la Poste, une vingtaine de jeunes gens mordus pour l’athlétisme fondent le CAC (Club Athlétique de Cossonay). Sous l’impulsion du pionnier Pierre Landolt, premier président, les activités sont soutenues malgré la période de la mobilisation 1939-1945.

En 1941 et 1942, ont lieu des «Tours de Cossonay», ainsi que des championnats vaudois de cross-country. À cette époque, au CAC, on pratique aussi un peu le basket qui, petit à petit dès 1946, grâce à Roger Filliettaz, devient l’activité principale du club. Un match de dames se dispute en 1940, mais sans qu’il n’y ait une suite. Douze ans plus tard, une sous-section féminine du club se développe et fait preuve d’une certaine activité.

Durant ces années, le club s’entraîne et dispute des matchs tout d’abord le terrain en herbe du Pré-aux-Moines, puis sur celui de la Vy-Neuve, légèrement gravillonné et troué. L’installation de l’éclairage permet d’augmenter les séances avec des résultats positifs à la clé, si bien qu’en 1954, le club accède à la Ligue Nationale B, groupe vaudois et deux saisons plus tard, devient champion! Puis, la réorganisation du basket suisse élargit le championnat et, par voie de conséquence, les déplacements s’étendent sur tout le pays.

Concernant le club, il faut retenir une participation à une demi-finale de Coupe suisse et deux tentatives d’ascension en LNA. Dans quasiment toutes les catégories, des juniors aux vétérans, les titres «s’amoncellent». Enfin, lors de l’AG du 4 juin 1982, à l’occasion de l’adoption de nouveaux statuts, l’ancien
CAC devient le Basketball Club de Cossonay par 24 oui sans aucune opposition.

Adieu, la cantine !

Fin mars 1983, le Journal du District de Cossonay annonce l’arrivée d’un Américain du nom de Wyraitt Rodger, dont la grand-mère a vécu à Senarclens. Le lendemain, quelques jeunes et trois adultes attendent le phénomène au Pré-aux-Moines. En vain…, c’était le 1er avril! L’auteur de ce canular? Roger Viret, qui fut président à deux reprises! Cette anecdote met en évidence, la nécessité pour les clubs de se renforcer s’ils veulent rester au top et de faire appel à un sponsoring accru. C’est ainsi qu’au début de la saison 1985, le BBC engage son premier renfort étranger en la personne de Lionel Billinguy. Et bon nombre d’autres vont suivre, amenant du spectacle, de l’ambiance et des résultats.

En juin 85 toujours, la fédération suisse de basket informe le BBC qu’il devra jouer ses matchs de LNB ailleurs qu’à Cossonay, la vénérable Cantine n’étant plus aux normes. À ce sujet, il est intéressant de reprendre quelques lignes d’un article paru dans 24heures, sous la plume de Bernard Chappuis: «La Cantine? Les basketteurs de Cossonay parlent plus volontiers de temple. «Ze» temple pour faire américain. Hélas, cette salle fétiche n’a pas l’heur de plaire à ces messieurs les dirigeants de LNB. Ils estiment que le basket doit obligatoirement se jouer dans des salles aseptisées. Pourtant les vedettes qui ont transité par Cossonay trouvaient à ce lieu de rencontres un petit air rustico-folklorique chaleureux. Certes le sol (deux tiers béton, un tiers catelles) fait plutôt Art déco décadent et les joueurs à la technique incertaine en souffrent. Bien sûr, un ou deux flocons de neige égarés dansent parfois en hiver autour du panier qu’ils ont pris pour chapelle. Mais la bâtisse en bois n’est pas ouverte aux quatre vents et l’endroit est normalement chauffé.» L’expression «normalement chauffé» n’est pas adaptée, si on se réfère aux anecdotes de Roger Viret et de quelques utilisateurs de l’époque: «Sans les chaufferettes mises à disposition par Robert Chabanel, on n’aurait jamais pu y jouer. Il fallait donc aller les chercher et les ramener, mais aussi utiliser un thermomètre que l’on chauffait juste avant l’arrivée de l’arbitre pour bien lui faire voir que tout était OK. Mais personne n’était dupe…»

Ascension en LNA en 1993

La salle omnisports du Collège du PAM permet dès l’automne 1989 une pratique de la compétition à domicile pour la première équipe. Plus besoin d’aller jouer à Morges les matchs à domicile! La progression se poursuit et, en 1993, c’est l’ascension en LNA. Un sommet! Cependant, cet événement est-il, avec le recul, un cadeau empoisonné? Les spectateurs suivent, la salle est souvent comble, l’ambiance magnifique avec, entre autres, la société de Jeunesse et ses tambours, l’euphorie apporte des résultats étonnants, les budgets augmentent drastiquement. Et, à un certain moment, c’est la descente, puis l’équipe est retirée de l’élite, faute de moyens.

Chez les filles, une trajectoire à peu près similaire se dessine: après des années de résultats prometteurs en LNB, l’équipe est dissoute au début de la saison 2018-2019. Dès lors, il s’agit de repartir sur d’autres bases, d’accentuer la formation en souhaitant que le BBC retrouve une partie de son lustre d’antan.

Sponsors et bénévoles

Huitante-trois ans que ce club existe, il faut le faire! Le mérite en revient certes à quelques «locomotives » qui y ont toujours cru, quelles que soient les époques. Mais il faut aussi mettre en exergue le travail et l’engagement de tous ces bénévoles, des sponsors, des fans, des membres des équipes, des dirigeants, des coachs et entraîneurs qui ont permis au BBC de se faire un nom. Un club qui, durant ces années, a fourni à la LNA, ainsi qu’aux sélections cantonales et nationales, passablement de joueuses et joueurs.

REPORTAGE CLAUDE-ALAIN MONNARD

Sources: Documents fournis par Yssam Ben Khelifa/ Brochure du 50ème / Relevé de faits marquants dont l’auteur est Roger Viret/ Discusssions avec Yssam Ben Khelifa, Margrit Oppliger, Gilles Delessert, Roby Guignard/ Coupures de presse et classeurs fournis par ces personnes. www.cossonaybasket.ch