On l’oublie, mais le thym, la sauge, le romarin ou encore le laurier font partie de ces plantes aromatiques que l’on a toute l’année au jardin, hiver comme été. Abordons donc le thym qui est par excellence l’herbe de Provence la plus utilisée dans la cuisine. De la famille des labiacées (labiées), il existe plus de 300 variétés allant du thym bicolore au thym citronné. Il prend ses origines près du bassin méditerranéen et doit son nom à son huile essentielle bactéricide: le thymol. On l’utilise tant frais que séché et en fleur ou en feuilles. Au niveau de son entretien, il n’en demande quasiment pas. Pour sa culture, on cherche un endroit ensoleillé et un sol aride et caillouteux si on souhaite un parfum plus intense. Il se plait aussi en pot, mais il faut alors avoir un système de drainage efficace car l’eau stagnante est un ennemi.

Composition de massifs

Le thym peut entrer dans la composition de massif et de plantes couvre-sol. Avec ses variétés multiples vous pouvez créer un parterre à la fois beau et bon. Il peut se multiplier par semis entre avril et mai, ainsi que par bouturage en juillet. Pour ce faire, on coupe une belle branche vigoureuse. On supprime les fleurs s’il y en a, puis les feuilles à la base de la branche pour ne laisser que celle du haut. Dans un mélange de terre de jardin et de sable (ou mélange

de bouturage prêt à l’emploi), on fait un trou et on y insère la tige. Pour aider, on peut tapoter le pied de la tige avec de l’hormone de bouturage avant l’insertion. On arrose, puis on place le pot à l’ombre, à l’abri du soleil direct et du vent. On peut aussi pratiquer le bouturage dans l’eau comme de la menthe. Au bout de quelques jours (ou semaines), il devrait y avoir des petites racines. Vous le rempoter ensuite en place ou dans un pot.
Je recommande le thym citronné (Thymus x citriodorus) qui fait des tisanes admirables et parfume à merveille les poissons mais aussi les desserts; le thym blanc (Thy-mus Albiflorus) pour varier les couleurs grâce à ses fleurs blanches panachées; ou encore le thym sauvage dit «serpolet» (Thymus serpyllum). Pour ce dernier, inutile d’aller en jardinerie. Faites le tour de chez vous lors de tontes de gazon ou de marches. Si vous sentez une odeur de thym, baissez vos yeux et vous en trouverez. On le trouve aussi en montagne où, en été, il tapisse de rose des rochers ou des bords de chemin. ■

CHRISTOPHE NANÇOZ