Lundi soir – dans une salle Jean Villard-Gilles pouvant accueillir de nouveau du public – s’est tenue l’avant-dernière séance de la législature du Conseil communal de Daillens. La dernière aura lieu le 28 juin, dix-huit jours après l’assermentation des nouvelles autorités, qui prendront le relais dès le 1er juillet 2021.

Le menu de cette séance était maigre. Tout au plus un préavis, accepté à l’unanimité, concernant une demande de crédit de CHF 19’500.- pour la mise en place d’une démarche participative liée au projet de rénovation des infrastructures du terrain de foot communal. Le 8 juin 2020, ce projet avait fait l’objet d’un crédit d’étude de CHF 220’000.- qui avait suscité des réactions. Si la rénovation n’avait pas été remise en cause, le Conseil avait tenu à ce que la population ait son mot à dire.

Pour éviter une consultation qui parte dans tous les sens, la Municipalité a fait appel au bureau d’urbanistes lausannoises Atelier Olga. Sa mission sera de cadrer la démarche participative – sous forme d’une journée ouverte aux habitant(e)s du village – et de faire émerger un projet d’aménagement de deux surfaces «d’utilité publique», l’une de 1800 m2 à côté des futurs vestiaires et la buvette, l’autre de 1500 m2 d’espaces verts. «Le terrain de foot et ses environs peuvent devenir un lieu de vie important pour la commune, explique l’exécutif. Il est indispensable que ses futures infrastructures répondent aux attentes des sportifs ainsi que de l’ensemble des villageois.»

Le Cheminet en question

En fait, lundi soir, le sujet qui a donné lieu à davantage de débat n’était pas inscrit à l’ordre du jour. Il s’agissait du projet d’agrandissement du collège du Cheminet à Penthalaz. Le 31 mars, une délégation du Conseil communal et de la Municipalité a représenté Daillens lors du Conseil intercommunal de l’ASIVenoge au cours duquel a été accepté de justesse (pour une seule voix) un crédit d’étude de deux millions de francs pour la création de huit nouvelles classes d’école primaire (le bâtiment actuel en comptant quinze). Rappelons que l’Association scolaire intercommunale de la Venoge comprend aussi les communes de Lussery-Villars, Mex, Penthaz, Penthalaz et Vufflens-la-Ville.

Dans cette affaire, ce qui fait débat est le montant estimé du projet: 30 millions de francs. Sur ce dernier point, dans la discussion ouverte par le président Frédéric Burnand, on a entendu les mots: «projet pharaonique» et «montants disproportionnés», ou encore: «À ce prix-là, ils vont installer des sièges en or aux élèves?»

L’endroit choisi fait débat

À l’issue du Conseil, le syndic Jean-Yves Thévoz nous a déclaré: «Nous ne remettons pas en question la création de ces huit nouvelles classes. Nous désapprouvons l’endroit choisi, car il implique qu’on doive remettre aux normes les bâtiments existants. Ces travaux seront dispendieux et, pour Daillens, ils représenteront un coût de mille francs de plus par élève, soit environ 120’000 francs par an (trois points d’impôt). Cela péjorera nos finances dans un contexte déjà très difficile. Je m’étonne que l’on n’ait pas étudié la possibilité de construction d’un nouveau collège à Penthaz. Cela coûterait trois fois moins cher.»

La suite? Il appartiendra aux concepteurs du projet de faire œuvre pédagogique en expliquant cette opération dans une séance publique. Après quoi, le crédit de construction devra être validé par la Conseil intercommunal. Cette hypothèse se confirmant, restera encore l’option éventuelle d’un référendum. « Si l’on doit en arriver là, confie M. Thévoz (qui quitte sa fonction de syndic au 30 juin), je rejoins volontiers un comité référendaire contre ce projet.»

Pascal Pellegrino