Pierrot Martelli, l’homme aux 55 Expos de Coss, est parti «ailleurs» dimanche 30 mai. Il était entré au comité de la manifestation en 1969, lors de la cinquième édition. Quinze ans plus tard, il en était devenu le président, poste qu’il a conservé pendant deux décennies avant de transmettre le flambeau à Riquet Pasche. Ce dernier évoque avec une grande émotion celui «qui a mené l’Expo où elle en est actuellement. Un soir de Nouvel-An, il m’avait mis le pied à l’étrier dans un coin de la Cantine, me disant qu’il fallait qu’on discute et que je devais intégrer le comité. C’était direct et sans équivoque ! Voilà un des aspects de la personnalité de Pierrot.» Un gars à la voix reconnaissable de loin, à la belle prestance, un personnage appréciant la convivialité et se mouillant à fond pour son Expo dont il disait lors d’une interview remontant à deux ans: «C’est mon expo, une part importante de mon existence, une ambiance, une famille, des potes!»

Un visionnaire

Dans sa manière de fonctionner au sein de l’Expo, Pierre Martelli écoutait les divers avis, mais ensuite, il tranchait dans le vif. «Un bon président est un peu dictateur!», relève Riquet en souriant, avant d’ajouter que «pour Pierrot, l’Expo était son bébé. À chaque édition, il s’investissait énormément, esquissant le plan des exposants ou s’occupant du secrétariat. Non pas dans l’idée de prendre la place des autres, mais dans un souci de contrôle et de désir de savoir où on en était.» Les couacs inhérents à toute manifestation de ce genre étaient vite réglés: «Dans ce comité formant une bande de copains, la langue de bois n’existait pas. Pierrot disait ce qu’il estimait nécessaire et on avançait. C’était le boss!» Visionnaire, il a mené l’Expo sur la voie d’une certaine modernité par le développement des animations donnant l’opportunité aux fanfares régionales de se produire, sans oublier les soirées jazz, la venue de la Radio pour un «Kiosque à musiques», les invitations de personnalités ou l’augmentation et les améliorations des infrastructures. Les anecdotes et moments forts relevés par Riquet Pasche en relation avec Pierrot sont nombreux et savoureux, axés sur le désir d’un bon fonctionnement général, de l’amitié et d’une ambiance chaleureuse.

Un ultime conseil

Après sa retraite de l’Expo, il n’a jamais manqué une manifestation, «nous questionnant sans cesse pour savoir si tout se présentait bien, un peu comme le père demandant comment ça va!», ajoute Riquet qui, jeudi 27 mai est allé lui rendre visite à l’hôpital. Les deux compères ont discuté de choses et d’autres, et bien sûr de l’édition 2021 de l’Expo. «Tu fais quoi?», a demandé Pierrot. «Ça se présente pas très bien», a rétorqué Riquet. «Alors, laisse tomber. Repousse d’une année», a tranché l’ex-boss et président d’honneur qui, trois jours plus tard, quittait ce monde.

À travers cet article, le Journal de la Région de Cossonay se joint au comité de l’Expo pour transmettre leur sympathie à la famille et aux proches dans ces moments de deuil.

Claude-Alain Monnard