On peut critiquer la vaccination, mais reconnaissons humblement que de pouvoir passer une soirée sans masque de protection, dans un théâtre rempli de monde également sans masques de protection, ça fait un bien fou! En ce qui me concerne, c’est la première fois que ça m’arrive depuis une année et demie. Cette plongée dans le monde comme avant le Covid était réjouissante.

Une belle énergie

Sur scène, on sentait que ce plaisir était partagé par l’humoriste Nathalie Devantay, qui a présenté les deux premières représentations de son tout nouveau «seule en scène» les 16 et 17 septembre au Théâtre du Pré-aux-Moines. Un plaisir d’autant plus fort que l’artiste aurait dû créer ce spectacle en mars 2020, au moment où notre société a truffé son vocabulaire du mot «confinement».

Pour explorer notre suissitude, elle avait revêtu la toge de «Madame Helvetia», symbole patriotique devenu emblème national en 1848 avec la première Constitution fédérale. Cela dit, tout un chacun la connaît surtout sur la face des pièces de deux francs…

Dans ce costume blanc, elle revisite donc pas mal de situations bien de chez nous, comme le loto, le petit verre de blanc à l’apéro, l’armée (un des passages les plus drôles d’ailleurs), le Conseil communal, ou encore l’hymne national. Nathalie Devantay dégage une belle énergie et fait se plier la salle en quatre. Avec une standing ovation du public comme dessert.

Suite de la saison

Après le triomphe de Claude-Inga Barbey les 4 et 5 septembre, Madame Helvetia confirme la belle entrée de saison 2021-2022 pour le Théâtre du Pré-aux- Moines; et sa directrice, Camille Destraz, de cuisiner déjà la suite d’un prometteur menu culturel et de divertissement – avec notamment la comédie musicale «Toutes pour une» (les 25 et 26 sept.), Brigitte Rosset dans «Ma cuisine intérieure» (7 et 8 oct.) ou Fraissinet «Des étoiles dans les yeux» (4 et 5 nov.).

Pascal Pellegrino