Samedi 2 octobre, deux magnifiques troupeaux de vaches et génisses avec leurs reines décorées de sapins fleuris, ont traversé le village en direction de Cottens et Vullierens. Au son des sonnailles se mêlait les harmonies d’un quatuor de cors des Alpes. Une trentaine de personnes de tous âges, certaines en costumes traditionnels, accompagnaient le troupeau pour le discipliner et le sécuriser. Dans chacun des villages traversés (Berolle, Mollens, Pampigny, Cottens et Vullierens) le public était au rendez-vous pour apprécier et faire vivre la tradition fes-tive de la désalpe.

Premier troupeau arrivé en plaine, celui de Jean-Claude et Simon Pittet de Cottens, provenant des Amburnex et de la Sèche des Amburnex. Il comptait 90 têtes de bétail. Parti du chalet à 9h30, le troupeau est arrivé à Cottens vers 16h après avoir parcouru environ 26 km.

Jean-Claude Pittet a passé l’été sur l’alpage. «Aux Amburnex, on a eu une belle saison avec une bonne pluviométrie qui nous a permis de disposer de suffisamment d’herbe jusqu’au terme de l’estivage pour nourrir les plus de 200 bovins estivés sur les deux montagnes. Le 10 septembre, on a redescendu en plaine 65 laitières. Le loup nous a fait une visite en juillet. Elle s’est soldée par la mort d’un veau. Le troupeau agité après cette attaque, avait retrouvé son calme en fin de saison.»

C’est au chalet de la Meylande Dessus que la famille de Jean-Marc Demont estive son bétail, soit 50 vaches laitières et 55 génisses: «Par rapport à certaines années ou le manque de pluie causait des soucis pour la repousse de l’herbe, cela n’a pas été le cas cette saison. Malgré beaucoup de pluie, le terrain a bien absorbé sans que le troupeau n’abîme l’herbe.»

Autre son… de cloche pour ce qui concerne le pâturage du Pré de L’Haut-Dessus qui accueille le troupeau de Sylvain Pittet de Pampigny. Ses parents, Pierre et Christiane y passent l’été pour s’occuper d’une cinquantaine de vaches et autant de génisses et veaux: «Cette année la pluie a été au rendez-vous! Même trop abondante en juin! Cela a entraîné une dégradation de la pâture et comme l’on dit, les bêtes ont mangé l’herbe avec leur pieds! La première semaine d’août, la moitié des vaches a regagné la plaine et l’autre moitié a suivi à fin août. Les génisses resteront jusqu’à la fin de cette semaine. Nous n’avons pas eu d’attaque du loup, car nous rentrions les veaux tous les soirs. Par contre, les sangliers nous ont causé des dégâts vraiment impressionnants en retournant de vastes portions de pâturages!»

Pour quelques semaines encore, ce sont les prairies du Pied du Jura en particulier qui seront colorées par le manteau des vaches et bercées par le tintement des sonnailles…

TEXTE ET PHOTO ARNOLD GRANDJEAN