« Il nous touche dans ses rôles et ses chansons »

Connaissez-vous André Robert Raimbourg? Certainement pas, et pourtant, il fut un acteur, chanteur et humoriste célèbre. Il naquit le 27 juillet 1917 en Seine-Maritime et passa son enfance dans le village de Bourville. Après un apprentissage de boulanger, il partit à Paris pour tenter sa chance comme chanteur, surtout dans des radio-crochets. Il devint connu grâce à sa chanson «Les Crayons», interprétée dans le film «La Ferme du pendu», tourné en 1945. Comme son cousin Lucien Raimbourg exerçait déjà le métier d’acteur, André Robert prit le nom de scène de Bourvil pour éviter la confusion. Il mourut le 23 septembre 1970 à Paris.

S’imprégner du personnage

À l’occasion du cinquantième anniversaire de ce décès, un ciné-concert, organisé par l’AACC (Association des Amis du cinéma de Cossonay) devait avoir lieu à Cossonay le 23 septembre 2020. La pandémie passant par là a ainsi contraint les artistes Patrick Vulliamy et Lionel Buiret à patienter. Mais ils seront présents vendredi prochain, 19 novembre à 20h30, sur la scène du cinéma de Cossonay. (Réservations des places à la caisse ou par www.aacc.ch). «Ce lieu me donne toujours des idées. J’aime ce concept de ciné et de musique. C’est le troisième que je propose après ceux de Gilles et de Coluche. Lionel Buiret, que je connais depuis plusieurs années, avait joué Bourvil dans un spectacle. Il a été donc facile de le convaincre», explique Patrick Vulliamy.

Pour les deux compères, Bourvil est un «grand monsieur». Si Patrick l’a surtout découvert dans
les films, Lionel évoque le côté musical du personnage. «C’est dans ses chansons que Bourvil me touche le plus, bien que je l’aime aussi beaucoup au théâtre et au cinéma. Je l’apprécie particulièrement dans ses chansons plus poétiques qu’il interprète avec tant de sincérité et de sensibilité.»

Pour préparer ce spectacle et s’imprégner du personnage, ils ont revu quasi tous les films de Bourvil, ont pêché des informations sur Internet, ont lu des articles relatifs à l’acteur et ils possèdent aussi de nombreuses partitions d’époque. Depuis début septembre, les répétitions vont bon train. «J’ai le scénario dans la tête depuis un bon moment et les chansons tournent en boucle dans la voiture», ajoute Patrick.

Transposer extraits de films, interviews, musique et anecdotes sur une scène n’est pas évident. Ce côté technique impose beaucoup de recherches, d’essais et de précision.

Et Bourvil, l’être humain ?

Au terme de tout ce travail, Patrick Vulliamy et Lionel Buiret ont le sentiment de bien «connaître» Bourvil. Pour Patrick, «c’était un Monsieur simple et sincère. Un artiste qui jouait de l’accordéon, interprétait des sketches, seul en scène et qui a côtoyé tous les grands acteurs du cinéma français… et finalement c’était peut-être lui, le plus grand!»

Quant à Lionel, il estime que Bourvil est la définition même de la bonhomie, une personne sensible, tendre et toujours dotée de ce petit «brin de fantaisie». «Henri Jeanson a dit de lui, qu’une fois le film terminé ou le rideau baissé, Bourvil nous prenait par la main, nous accompagnait jusqu’à la porte et nous glissait dans la paume un peu de son innocence.» Ce n’est pas beau ça?

Claude-Alain Monnard