L’opération «sauvetages faons 2022» va bientôt se terminer et c’est environ 500 agriculteurs qui auront pris contact avec la Fondation Sauvetage Faons Vaud afin qu’un pilote de drone vienne contrôler des parcelles au moyen d’une caméra thermique permettant de détecter la présence d’un animal avant le passage de la faucheuse.

Programmé en amont avec les coordonnées de la parcelle, l’engin sillonne automatiquement le terrain entre 40 et 60 mètres de hauteur et les signaux de la caméra sont transcris sur un écran permettant de localiser l’animal.

Les statistiques 2022 ne sont pas encore élaborées mais les équipes de bénévoles ont sauvé l’année dernière le nombre impressionnant de 312 faons! De plus, 309 chevreuils adultes et 57 lièvres ont été priés de quitter la prairie avant la fauche afin d’éviter tout accident. Au total, 1186 parcelles ont été survolées pour une surface de 2551 hectares.

Agriculteurs avertis

«Nos agriculteurs sont des gens de terrain et ils connaissent bien les parcelles qui risquent d’être habitées par un ou plusieurs faons. Ils ne doivent donc pas prendre de risques et doivent nous contacter insiste le président de la Fondation, Raymond Bourguignon. Le massacre d’un faon est une expérience traumatisante et la présence de chair animale dans le foin peut être source de maladies pour le bétail; c’est donc naturellement que Prométerre invite les agriculteurs du canton de Vaud à prendre contact auprès de l’une des six antennes mises à disposition (Alpes, Nord Jura vaudois, Broye, Ouest vaudois, Vallée de Joux et Plateau).»

Initiative des chasseurs

La Fondation est née d’une initiative du comité de la Fédération des Chasseurs vaudois qui, en 2018, a élaboré un projet afin d’impliquer non seulement les chasseurs mais aussi les personnes proches des milieux naturels. Son but est de préserver les faons lors des périodes de fauche coïncidant avec la mise-bas des chevrettes, en mai et juin. Les petits faons restent tapis dans les hautes herbés et sont protégés des prédateurs grâce à leur immobilité et le fait qu’ils soient inodores.

Malheureusement, cette stratégie leur est fatale lorsque l’agriculteur fauche son pré, car au lieu de s’enfuir, les faons restent immobiles et n’ont aucune chance de survie. De plus, de nos jours, les tracteurs ont des vitesses de travail très rapides, sur d’importantes largeurs, ce qui souvent se révèle mortel pour les faons et les mères restées à proximité.

Donations recherchées

La Fondation collabore étroitement avec La Direction générale de l’environnement (DGE) qui supervise la bonne réalisation des interventions en se chargeant de la formation des intervenants qui manipulent les animaux dans la nature et des autorisations diverses délivrées en ce qui concerne l’utilisation des drones dans les zones protégées.

Passionné et engagé dans cette cause, les pilotes et les assistants pilotes de la Fondation n’hésitent pas à se lever à 4 heures du matin pendant la période de fauche (mi-mai à mi-juillet) et à survoler les parcelles pour protéger ces cervidés. Totalement bénévole, cette action nécessite une grande réactivité de la part de tous les participants et un engagement sérieux.

Le matériel de haute technologie utilisé est très onéreux (environ 7’000 francs pour un drone). L’entretien de l’engin ainsi que le renouvellement des batteries a aussi un coût non négligeable. C’est pourquoi nous encourageons toutes les personnes sensibles à cette action de nous aider à poursuivre cette cause. Des donations sont recherchées pour assurer un bon suivi des missions. Actuellement la Fondation compte une flotte de 20 drones et quelques drones privés. Les personnes intéressées à soutenir cette démarche trouveront toutes les informations utiles sur le site: www.sauvetage-faons-vaud.ch

Près de 200 bénévoles

Au total, presque 200 bénévoles sont impliqués dans cette noble initiative, qui permet de protéger la faune et amène beaucoup de satisfaction aux sauveteurs. Nos pilotes définissent cette activité comme passionnante et émouvante, et quel que soit le résultat de l’opération se dit récompensé par la beauté qu’offre la nature à l’aube d’un nouveau jour.

Communiqué