Pas de nouvelle baisse du taux d’imposition, il est maintenu à 68%

Le 31 octobre dernier, on a parlé fiscalité lors du Conseil communal de Cossonay. Et comme le préavis concernant le taux d’imposition a suscité un rapport de minorité au sein de la Commission des finances, on se doutait que le débat pourrait être quelque peu agité. Eh bien non. Au final, tout s’est fait dans une écoute mutuelle, chacun(e) argumentant selon son opinion.

D’abord un petit rappel «historique». L’an passé à la même période, alors que ce sujet était abordé, les débats avaient été plus animés. Suite à une première baisse d’impôts en 2019 (où l’on a passé de 71% à 69,5%), la Commission des finances avait proposé de baisser le taux d’un point et demi (et de le faire passer de 69,5% à 68%). Proposition largement acceptée par le Conseil communal (30 OUI contre 16 NON).

La prudence a gagné

Cette année, rebelote. Cette fois dans un rapport de minorité (la Commission des finances n’étant pas unanime), il était demandé de passer de 68% à 66%. Et les deux membres signataires du rapport, Joachim Cretegny et Steve Corminboeuf (CossEntente), d’argumenter en détail leur proposition, en déclarant notamment: «Avec l’arrivée de nouveaux habitants, du type de logements construits et à la vue des prix pratiqués à Cossonay, nous sommes d’avis que les revenus des personnes physiques augmenteront davantage que les charges. Sur certains investissements, des subventions seront vraisemblablement octroyées, ce qui diminuera d’autant les montants à amortir. Nous pensons donc qu’une baisse modeste du taux d’imposition de deux points est soutenable sur la durée et ne menace pas les prestations communales, car la marge nette d’autofinancement resterait positive.»

Du côté du rapport de majorité, Stephan Hürzeler, Pascal Duvoisin (Ensemble pour l’ouverture-EPLO et Cyril Mumenthaler, CossEntente), le mot-clé pour soutenir un maintien du taux d’impôt à 68% était: prudence. Ils suivaient en cela la position de la Municipalité qui désirait continuer de bénéficier de la marge de manœuvre actuelle pour faire face à des charges imprévues ou à une baisse de la capacité financière des contribuables.

«Il est préférable d’avoir un taux d’impôt constant plutôt qu’un taux en dent de scie», a-t-on aussi entendu. Il a été aussi question de conserver une marge de manœuvre dans l’optique de nouveaux projets liés à la durabilité. Au moment du vote on a eu un résultat quasiment inverse de celui de 2021: 29 OUI (pour le maintien à 68%) contre 17 NON (pour un taux à 66%) et deux abstentions.

Concernant le problème du littering (terme anglais pour désigner le fait de jeter ou d’abandonner sur la voie publique de petites quantités de déchets urbains, sans utiliser les infrastructures prévues pour leur élimination), la Municipalité a répondu point par point à l’interpellation Ben Khelifa, Bernhard, Corminboeuf, Sigrist qui demandent à l’exécutif de «prendre des mesures vigoureuses afin d’enrayer le phénomène du littering à Cossonay tant qu’il en a encore la possibilité». Et la Municipalité de préciser qu’elle va étudier la suggestion d’adhérer à un label No littering (www.no-littering.ch).

Funiculaire en question

On notera encore l’interpellation «Notre Funi préféré» de Diego Marin (EPLO) et consorts, où il est d’une part question du tarif de parcours du funiculaire, situé sur deux zones tarifaires, ce qui fait qu’une simple course coûte 3,70 francs (pour un adulte) et 2,40 francs( pour un enfant). Un prix jugé «exorbitant» pour 1’219 mètres de parcours seulement.

Les signataires de l’interpellation demandent à la Municipalité de se saisir de cette question et d’interroger «formellement les instances cantonales sur ce tarif usurier».

Il est aussi demandé à la Muni d’interroger les MBC sur l’absence de «funi pyjama» le weekend en complémentarité des «trains pyjama» des CFF.

En toute fin de séance, on a appris que l’offre culturelle de Cossonay allait s’enrichir d’un nouveau festival, à savoir «DécouvRire». Après quatorze éditions à Saint-Prex, cette manifestation, dont le but est de découvrir et de programmer de jeunes humoristes, s’établira au Théâtre du Pré-aux-Moines dès le mois de septembre 2023.

On terminera avec des applaudissements nourris, ceux que l’assistance a réservés à Bernard Augsburger, boursier communal depuis 31 ans à Cossonay, qui prendra sa retraite en mars 2023.

Pascal Pellegrino