Vufflens-la-Ville, portrait de Géraldine Viret

Vufflens-la-Ville, portrait de Géraldine Viret
14 Nov 2020

« Ado, je vivais pour et par le basketball »

En 1968, un groupe de travail issu de milieux progressistes rédigeait «la Déclaration de Berne», demandant au Conseil Fédéral de s’engager pour garantir des relations plus équitables entre la Suisse et les pays pauvres. De ce mouvement est née ensuite la première ONG helvétique de développement indépendante portant aujourd’hui le nom de Public Eye et soutenue par 26’000 membres.

Spécialisée en littératures comparées et en communication d’entreprise, Géraldine Viret en est la responsable médias et rédactrice depuis une décennie. Regarder là où d’autres voudraient que leurs activités restent dans l’ombre, dénoncer les méfaits et proposer des mesures concrètes pour y remédier , telles sont les missions que se donne Public Eye. «Dans nos enquêtes sur des secteurs sensibles, je suis souvent choquée par la puissance et l’influence de certaines multi nationales basées en Suisse. Elles ont parfois plus de pouvoir que les états dans lesquels elles opèrent. » Géraldine évoque également les pressions, le manque de transparence de ces sociétés, les violations systématiques des droits humains, les grosses affaires de corruption dans le négoce des matières premières et l’initiative pour des multinationales responsables, une «évidence» selon elle. Pour faire connaître Public Eye, Géraldine passe régulièrement à la TV ou à la radio et elle se sent à l’aise au micro: «Quand tu dois parler d’un sujet qui te passionne, c’est un exercice assez facile», précise celle qui, plus jeune, rêvait de la profession de journaliste. «Avec mon amie Gaby, nous écrivions de temps en temps un petit journal destiné à notre famille.»

Au Tessin pour le basket

Les souvenirs d’ado de Géraldine sont fondamentalement liés au basket. «Matchs sous la cantine dans une ambiance incroyable, bruits des crécelles, déplacements au Tessin en car avec mes parents pour soutenir l’équipe masculine alors en Ligue nationale…» Les filles n’étaient pas en reste et, sous la houlette de Gilles Delessert, elles s’éclataient également sur les terrains. «On vivait pour et par le basket!»

Lors de ses études au Gymnase, elle a eu l’occasion de vivre un séjour linguistique de trois mois au Canada, l’amenant à «tomber en amour» de ce pays. «Après le bac, je suis entrée à l’Uni, sans y trouver mon compte. D’où ma décision de repartir Outre-Atlantique quelques mois plus tard.» Sur place, elle a fait des petits jobs ici et là tout en menant une vie sans souci: camping sauvage en Ontario, nouvelles amitiés, pratique intensive de l’anglais. «J’avais aussi imaginé suivre une école de journalisme à Montréal, mais c’était trop cher et j’ai décidé de rentrer.»

Donc, retour à la case départ, l’Uni entre Lausanne, Neuchâtel et Fribourg, «époque où j’étais une étudiante assez absente de l’auditoire, car j’ai toujours eu plusieurs activités à côté. Mais ça s’est finalement très bien passé», constate-telle dans un sourire.

Balades et lectures

Maman de deux garçons de 7 et 9 ans, elle se décrit comme une personne avec plusieurs facettes. «Je suis quelqu’un d’assez extraverti et qui adore l’humour grinçant. Mais j’ai aussi un côté plus sérieux et sensible qui ne se voit pas forcément.»

Ses hobbys se nomment surtout balades en montagne et lecture, goûts transmis par son papa, «un mordu d’Agatha Christie et de San Antonio. J’ai donc été biberonnée très jeune aux romans policiers et j’apprenais aussi plein de gros mots! Aujourd’hui, j’ai toujours l’amour du langage fleuri et des intrigues… »

Sur son compte Facebook, on peut lire que «Vieillir me donne des sueurs froides!» Alors, est-ce le fait d’avoir fêté son quarantième anniversaire récemment qui suggère ce constat? «Il ne s’agit pas de la notion de vieillir physiquement, mais cette phrase fait référence à une certaine nostalgie. Je me demande où sont passées ces années.»

Quand elle a donné naissance à ses enfants, elle a ressenti une forme de choc, se disant: «Mon Dieu, me voilà responsable de deux petits bonshommes alors que je ne me sens pas si différente de mon époque des Prés-du-Dimanche lorsque je pédalais avec mes copines. Je n’ai pas encore tout à fait l’impression d’être adulte!»

Claude Alain Monnard