Axé cirque a remué les cœurs
Aucun autre mot de la langue française ne rime avec le mot «cirque». Cʼest une façon de démontrer que le cirque est un art pas comme les autres, un art dʼexception dans le sens où ce que lʼon va ressentir inclut le meilleur ingrédient pour retenir lʼattention, à savoir la surprise…
Cʼest ce qui sʼest passé le weekend dernier au Théâtre du PAM à Cossonay. Artistes tout comme public sont repartis les yeux embués de larmes, car ils et elles ont vécu des moments dʼune belle et chaleureuse intensité. La cinquième édition dʼAxé Cirque, qui sʼest tenue du 12 au 17 mai, a tenu toutes ses promesses, voire même au-delà.
Soixante jeunes artistes
Soixante jeunes artistes entre 13 et 17 ans, venu(e)s de Belgique, dʼItalie, du Liban et de Suisse, accompagnés dʼune vingtaine dʼartistes-pédagogues et technicien(ne)s, ont vécu une semaine forte et remplie dʼémotion. Portée par lʼassociation PlayTime, cette résidence internationale a été lʼocassion, durant une semaine de vie commune, dʼéchanges, de créations partagées et parfois de frictions surmontées ensemble.
Dès le premier soir, la rencontre a été humaine avant dʼêtre circassienne. Le mercredi matin, toutes et tous se sont réuni(e)s autour dʼune charte commune, une réflexion sur le bien vivre ensemble qui a irrigué lʼensemble du séjour.
Spectacles magiques
Le jeudi, le cirque est devenu langue commune. Les jeunes, réparti(e)s en petits groupes mêlant les délégations, ont créé chacun une pièce dʼun puzzle collectif autour des us et coutumes de leurs pays respectifs. En fin de journée, les pièces assemblées ont donné naissance à une présentation collective, moment de grâce où lʼon a pu mesurer le chemin parcouru en à peine quarante-huit heures.
Les vendredi et samedi, place aux spectacles. Quatre créations, quatre univers esthétiques, une même électricité dans la salle. Le public a vibré et lʼa fait savoir: «Les retours ont été très touchants», confie la directrice Sarah Simili. «Les jeunes se sont inspiré(e)s mutuellement. Il y avait une grande charge émotionnelle devant chaque représentation, une écoute et un soutien très forts dans la salle.»
La prestation de la délégation libanaise a particulièrement marqué les esprits. Ces huit jeunes, qui vivent dans un contexte dʼune grande difficulté, ont livré une performance à la fois artistique et politique, chargée dʼune émotion brute et sincère. Jusquʼau dernier moment, leur venue nʼétait pas assurée. Leur présence sur scène nʼen fut que plus forte; on ose employer le mot: «bouleversante».
La boum du samedi soir a scellé ce que la semaine avait construit, solidifiant des liens nés dans lʼeffort et le partage. Le départ, le lendemain, ne fut pas facile. Mais cʼest peut-être là le plus beau signe quʼAxé Cirque remplit sa mission: quand on se quitte à regret, cʼest quʼon sʼest vraiment rencontré.
TEXTE & PHOTOS P. PELLEGRINO





























