Immersion dans lʼâge dʼor du swing!
Costume de rigueur pour cette soirée pas comme les autres: veston et pantalon noir, chemise blanche et cravate rouge; regardez en bas, même le chien, pelage noir derrière et blanc devant, avait mis sa cravate rouge! Samedi 13 juin, le Théâtre du Pré-aux-Moines de Cossonay a plongé dans les années folles avec le projet «Black & Gold» de lʼEMC Big Band, un hommage vibrant à lʼâge dʼor du swing.
Le concert sʼouvre sur une pièce de Fats Waller, figures du jazz des années 20-30 qui a fait swinguer le stride new-yorkais dans les clubs de Harlem. Puis place à Benny Goodman, le «roi du swing», avec «Stompinʼ at the Savoy» – clin dʼœil au mythique Savoy Ballroom de Harlem, haut lieu de la culture afro-américaine –, suivi dʼ«Estrellita», interprété avec brio.
Retour en 1926 avec «Bye Bye Blackbird», composé par Ray Henderson sur des paroles de Mort Dixon: un standard repris par Ella Fitzgerald, Miles Davis ou Joe Cocker. Même génération pour «Iʼve Found a New Baby», signé Jack Palmer et Spencer Williams la même année 1926 (lʼun de ces thèmes qui ont fait le tour de tous les répertoires jazz depuis un siècle).
Un solo de batterie juste renversant !
Ambiance plus feutrée avec lʼélégant «Stormy Weather» (1933) immortalisé par Lena Horne. Puis, le programme se poursuit avec Duke Ellington, monument du jazz américain, et son «Donʼt Get Around Much Anymore», avant un «ʻTainʼt What You Do (Itʼs the Way That Cha Do It)», très applaudi, et popularisé notamment par Ella Fitzgerald (encore elle). Georges Gershwin sʼinvite aussi à la fête avec «Iʼve Got Rhythm», lʼun de ses thèmes les plus repris dans toute lʼhistoire du jazz.
La soirée sʼest finie en apothéose avec «Sing, Sing, Sing (With a Swing)», composé par Louis Prima en 1936 et popularisé lʼannée suivante par Benny Goodman, dont la version, portée par le batteur Gene Krupa, est considérée comme lʼun des actes de naissance du big band moderne. Et cʼest justement ce morceau (bissé par un public conquis) qui a servi dʼécrin au diamant quʼest le talent du jeune batteur Leon Nguyen, de Bretonnières. Son solo de folie était juste renversant! À un moment donné, une ba guette lui a échappé dʼune main… et, malgré cela, il a continué à jouer, tout en ramassant son outil de lʼautre main, comme si de rien nʼétait!
Un mot aussi pour la technique: la belle lumière et le beau son étaient assurés par le duo André Gambarasi et Igor Jungi, régisseurs du Théâtre du PAM, dont le travail a permis à cette traversée du swing de briller de tous ses feux.
Le dernier mot sera un bouquet de félicitations pour le maître dʼœuvre depuis plus de vingt ans de cette géniale aventure musicale quʼest lʼEMC Big Band: merci à Marc Jufer pour cette formidable et galvanisante énergie. Longue vie à cette formation!
PASCAL PELLEGRINO





























