Changement à la Direction du Cinéma de Cossonay! Arrivée à ce poste il y a un peu plus dʼun an, lʼactuelle gérante Marie-Joëlle Ulmer cède sa place à Charlotte Klinke. Cette habitante de Mollens, âgée de 37 ans, a été sélectionnée parmi plus de 150 dossiers reçus par le Conseil dʼadministration de la SA du Casino de Cossonay: «Lors du premier entretien, jʼai eu lʼimpression quʼon me proposait le travail de mes rêves, situé à quinze minutes de chez moi, avec une liberté et une confiance rares témoignées par mon employeur. Cʼest une chance immense!», confie lʼintéressée.

Une solide formation universitaire

Entrée en fonction avant-hier mercredi 1er juillet, cette cinéphile apporte dans ses bagages une solide formation universitaire ainsi quʼune riche expérience glanée dans divers domaines dʼactivité du monde du cinéma.

Mère de deux enfants, Charlotte Klinke a été chroniqueuse, modératrice pour le cinéma itinérant Roadmovie, projectionniste au Cinétoile de Prilly-Malley. Depuis 2020, elle est responsable de la formation digitale film-production et chargée dʼenseignement à la SAE Institute Genève. Elle œuvre aussi au sein de la société Marmotte Productions, cofondée en 2021 avec ses acolytes Gaspard Vignon et Julien Bono. Elle y a notamment produit le documentaire «Everything is Temporary», réalisé par sa sœur Juliette, et présenté en compétition officielle à Visions du Réel en 2024.

L’amour du cinéma partagé en famille

«Jʼai toujours eu peur de la spécialisation, même si jʼai eu un énorme coup de foudre, durant mon cursus universitaire à Lille, pour lʼétude de lʼhistoire du cinéma et lʼanalyse filmique. Mais en Suisse, la spécialisation est un pari risqué car elle est peu valorisée et les passerelles entre la formation et le monde professionnel du cinéma sont peu nombreuses. Cʼest pourquoi jʼai tâché de me diversifier en multipliant les métiers».

Autre illustration au Vevey International Film Festival, où elle est membre du comité de sélection des longs-métrages et membre du comité de sélection des scénarios pour la résidence ECʼRIRE. Autant de cordes à un arc cinéphilique tendu dès la prime jeunesse, dans la maison familiale: «Mes parents nous ont transmis, à mes deux sœurs et moi-même, lʼamour du cinéma. Ils avaient installé un grand écran au sous-sol, avec un tapis rouge qui y conduisait et des bibliothèques remplies de DVD aux murs. Regarder un film était un rituel sacré.»

Au cinéma de Cossonay, pas de grosse révolution en perspective. Sa priorité est dans un premier temps de «faire connaissance avec lʼéquipe, de comprendre le fonctionnement du lieu et de rencontrer les publics». Mais la jeune femme fourmille déjà dʼidées: ciné-karaoké pour les enfants à Noël; ciné-tricot; ciné-poussette destiné aux jeunes parents pour éviter lʼisolement ou encore un camp de création filmique collective pour les jeunes qui ne partent pas en vacances. «Jʼaimerais transformer le cinéma en un lieu de rencontres, comme aux premières heures de cet art populaire, né dans les foires, avec bonimenteur et piano.»

Avec les acteurs culturels locaux

Des collaborations avec des acteurs culturels de Cossonay, comme la Bibliothèque communale et le Théâtre du Pré-aux-Moines sont aussi évoquées. Ainsi que des cycles de projections en lien avec la cérémonie des Quartz (Prix du cinéma suisse), des festivals comme Visions du Réel, Les Journées de Soleure, le Locarno Film festival ou le NIFF. Autant de manières dʼancrer la passion du septième art au cœur de la cité.

Pour terminer cet article, voici trois questions à Charlotte Klinke:

Quel est le film qui vous a bouleversée, durant lʼenfance? – «Les Demoiselles de Rochefort», de Jacques Demy (1967). Jʼaimais les couleurs, lʼunivers, la danse, la bande-son. Et ce happy end avec la protagoniste qui retrouve son homme idéal, subtilement suggéré en hors-champ.

Un film iconique de lʼadolescence? – «Into the Wild», de Sean Penn (2007). Son écriture fait bouger les lignes – on aime et on déteste ce personnage, on le comprend et en même temps on lui en veut. Jʼai découvert Emile Hirsch avec ce film, et surtout la BO de Eddie Vedder.

Le film qui vous fait pleurer et le film qui vous fait rire aux éclats? – Le classique du rire, pour moi, reste «Le Magnifique», de Philippe de Broca (1973), avec Jean-Paul Belmondo, pastiche des films dʼespionnage et des James Bond. Quant au film qui mʼa fait pleurer, mon cœur balance entre «Julietta», de Pedro Almodovar (2016) et «Mia Madre», de Nanni Moretti (2015), un de mes réalisateurs préférés. Deux histoires de filiation et de relations mère-enfants.

MAXIME MAILLARD

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29 mai 2026Infos