Chavannes dans la cour des grands
Il règne un air de course dʼécole ce mercredi 17 juin en fin de journée, quand les conseillers de Chavannes-le-Veyron et quelques invités clandestins se retrouvent devant le collège puis montent dans un grand car, pareil à ceux qui les emmenaient au Château de Chillon quand ils étaient enfants. Destination Lausanne, la salle du Grand Conseil. Président du Conseil général, Christophe Longchamp avait «ce projet depuis longtemps en tête», glisse-t-il en ouvrant la séance dans la salle boisée avec vue imprenable sur le Léman, qui provoque moult exclamations dʼadmiration. Les municipaux ont pris la place des conseillers dʼÉtat, la secrétaire celle du président haut perché.
«Dans l’histoire»
Puis, assez vite et malgré le décor somptueux, la séance ordinaire se déroule. Cʼest celle des comptes 2025. Heureuse surprise, au diapason de la circonstance exceptionnelle, ils se concluent sur un excédent de produits dʼun peu plus de 35ʼ000 francs, avec un écart positif de 119ʼ655 francs par rapport au déficit budgété. La cause? Si les impôts ont été légèrement inférieurs au budget, dʼimportants remboursements du nouveau fonds de péréquation ont servi de compensation. A noter que le secteur forestier réalise un bon résultat, «de quoi entrer dans lʼhis toire…», note un conseiller.
Au son des cors
Les comptes sont acceptés haut la main et le boursier félicité. Celui-ci, Daniel Allemann, a dʼautres qualités. Avec trois musiciens de la fanfare de Gilly-Bursins, il a accueilli la délégation dans le hall au son des cors des Alpes. Le concert se poursuit dans la salle du Grand Conseil puis sur la terrasse. Clin dʼœil: le groupe arbore de beaux polos grenat, couleur du Servette FC, qui font sourire quelques-uns dans ce fief vaudois…
La séance permet de donner des nouvelles du projet très contesté de la gravière des Bulles. Une association avec site internet et bénéficiant dʼun accompagnement juridique a été créée; 127 personnes ont rejoint lʼopposition collective et 320 oppositions individuelles ont été déposées, une mobilisation dʼimportance. Les soutiens, autant financiers que pratiques, sont encouragés.
Le dernier discours
La fin de la séance rend hommage à deux personnalités qui quittent leurs fonctions. Nicole Bonzon est remerciée pour sa décennie de secrétaire communale; elle passe le flambeau à Corinne Bettens. Quant au syndic sortant, Jean-Luc Reymond, il sʼen va après vingt ans passés à la municipalité, dont huit à la syndicature. Il est félicité par son successeur, Marc Vial. Celui-ci évoque le célèbre franc-parler de son prédécesseur, «qui a toujours eu pour but de défendre les intérêts de Chavannes-le-Veyron».
Dans son discours de fin, Jean-Luc Reymond, non sans émotion, explique combien, «durant ces vingt années, notre commune a évolué. Elle sʼest transformée tout en conservant ce qui fait sa richesse, son caractère villageois, sa qualité de vie et le bon esprit qui anime ses habitants.» De son côté, il a appris quʼ«être élu ne consiste pas à prendre des décisions populaires, mais des décisions responsables. Certaines sont immédiatement comprises, dʼautres seulement avec le temps. Je suis fier de ce que nous avons accompli ensemble, parce quʼelles sont le fruit dʼun travail collectif.»
En point dʼorgue, la conseillère dʼÉtat Valérie Dittli, joviale malgré un contexte politique difficile, adresse un message aux conseillers. Pour elle, «le conseil général est une magnifique école de citoyenneté et une force de notre canton». Elle met lʼaccent sur la mise en œuvre du plan climat dans les communes, «qui ne veut pas dire quʼon doit avoir plus de contraintes». Puis, très applaudie, se déplace avec la cohorte sur la terrasse, pour un buffet ensoleillé.
Avant le retour en car dans la nuit, selon un trajet mystérieux et un brin rallongé adopté par le chauffeur, lʼoccasion de redécouvrir la belle campagne vaudoise.
MARC DAVID





























