« Les bonsais mâont appris Ă mĂ©diter
Sur un site Internet consacrĂ© Ă lâĂ©tymologie, au caractĂšre et Ă la signification des noms, on peut lire que le prĂ©nom Jarod est une dĂ©clinaison du mot hĂ©breu «Yered» qui peut se traduire par: «Dieu fera descendre sa grĂące». Il est encore prĂ©cisĂ©, entre autres, que «Jarod est un homme mystĂ©rieux et rĂ©servĂ©. Il a besoin de bien connaĂźtre son interlocuteur avant de se laisser aller Ă quelques confidences. Il est en quĂȘte de sensations fortes et il recherche constamment des poussĂ©es dâadrĂ©naline en pratiquant des sports extrĂȘmes».
Et je trouve Ă©tonnant que Jarod Enfedaque, jeune gars de 22 ans, rĂ©ponde Ă pas mal de ces critĂšres! Depuis quelques mois, il effectue un prĂ©apprentissage au sein du New Athletic Fitness Ă Cossonay oĂč il se sent fort Ă lâaise. Jarod a grandi Ă Bussigny et il a effectuĂ© une partie de sa scolaritĂ© Ă Lausanne dans le cadre du concept sport-Ă©tudes, vu quâil brillait au poste de gardien au sein du mouvement juniors de LHC Academy. Ă lâissue de diffĂ©rentes rencontres, il avait «tapĂ© dans lâĆil» dâun entraĂźneur du HC Fribourg-GottĂ©ron, club dans lequel il a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©. «Pourquoi le hockey?», lui ai-je demandĂ©. «à cause de la mentalitĂ© et de lâesprit dâĂ©quipe», dit-il, ajoutant que «ce poste de gardien, assez solitaire, me plaisait en fonction des grandes responsabilitĂ©s quâil entraĂźne».
Jarod fait ensuite partie de quelques sĂ©lections et trois ans aprĂšs son arrivĂ©e en terre fribourgeoise, il met le cap sur le HC Meyrin avec, en parallĂšle, lâidĂ©e de suivre une Ă©cole de massage. «à ce moment, mon existence se rĂ©sumait en un seul mot: le hockey! Ma famille et mes amis passaient aprĂšs. Jâavais dâailleurs entendu quelques reproches par rapport Ă cette attitude, mais jâavais nĂ©anmoins une vie sociale avec les copains de lâĂ©quipe».
Cependant, en dĂ©cembre 2018, au cours dâun match, Jarod rĂ©colte une sale blessure: «Un coup de canne a provoquĂ© une grave fracture au poignet. Ce sont suivis deux ans de soins, des greffes osseuses, des essais de retour sur la glace et la prise de conscience que mes carriĂšres sportives et professionnelles prenaient fin!»
Inutile de dire que le choc psychologique a Ă©tĂ© trĂšs violent et que Jarod en a beaucoup souffert, contraint de rĂ©orienter sa vie avec un nouveau boulot. «Quand jây repense, ça me fait encore mal. Dâailleurs, ces jours, jâavais pris la dĂ©cision de vendre mon Ă©quipement. Jâavais trouvĂ© un acheteur, mais au dernier moment, jây ai renoncĂ©.»
Durant les soins prodiguĂ©s Ă la suite de sa blessure, Jarod Ă©tait tombĂ© sur un flyer Ă©manant du fitness et un projet incroyable a pris naissance dans sa tĂȘte: «Câest lĂ que je veux aller!», a-t-il dit Ă sa rĂ©pondante de lâAssurance InvaliditĂ©. Et voilĂ , maintenant il y est⊠«Jây apprends Ă©normĂ©ment de choses, je suis entourĂ©, on me donne de prĂ©cieux conseils, jâai retrouvĂ© le goĂ»t de lâĂ©quipe, la confiance, jâapprĂ©cie lâaccueil et le contact avec les gens qui viennent sâentraĂźner.» Bref, il a trouvĂ© sa voie comme futur assistant en promotion de lâactivitĂ© physique et de la santĂ©.
Le sport toujours présent
Au quotidien, le sport est toujours prĂ©sent chez Jarod qui se dĂ©crit comme un gars gentil, sensible, prĂȘt Ă rendre service et tĂ©mĂ©raire. Il a de nombreux hobbys comme de longues randonnĂ©es en montagne, la nature, sans oublier «mon penchant pour les plantes bonsaĂŻs qui, pendant deux ans, mâont appris Ă mĂ©diter», explique-t-il dans un sourire.
Ă moyen terme, son but est de rĂ©ussir son apprentissage dĂ©butant en aoĂ»t prochain et de sâefforcer de surpasser une trĂšs forte dyslexie qui a rendu sa scolaritĂ© difficile. Ă ce sujet, Jarod se dit interpellĂ© par «lâincomprĂ©hension des gens vis-Ă -vis de celles et ceux qui ont un style de vie diffĂ©rent, un handicap ou la dyslexie. Automatiquement, on nous met dans une case, ce qui ne veut rien dire et qui sâavĂšre blessant».
Ă lâopposĂ©, il relĂšve la prĂ©sence Ă©norme de ses proches: «Ma famille et les personnes que je porte dans mon cĆur, dont lâĂ©quipe du fitness de Cossonay qui mâoffre une Ă©norme opportunité».
Claude-Alain Monnard































