Qui a renversé un vélo?
Il a besoin de savoir ce quʼil sʼest passé ce jour-là, de reconstituer lʼhistoire. Voilà ce qui torture lʼesprit de ce cycliste domicilié dans le Nord vaudois depuis plusieurs jours.
Le mardi 8 septembre dernier, vers 13h, ce mordu de vélo suit un itinéraire dans la région. Alors quʼil veut se diriger en direction de Gollion, il se retrouve soudainement au sol après un contact avec un motard dans un rond-point à Aclens. Les deux hommes auraient alors brièvement échangé. «Quand jʼai répondu que ça allait, il est reparti», raconte le cycliste qui nʼallait, en fait, pas si bien. Sonné, il nʼa pas pensé à demander les coordonnées du motard, dont il nʼa même pas vu le visage: il avait gardé son casque sur la tête.
À l’amiable
Alors il lance un appel à cet homme, une bouteille à la mer. Il aimerait que le motard se fasse connaître, afin de pouvoir discuter. Sʼil a hésité à immédiatement porter plainte, le cycliste blessé préfère régler cette histoire à lʼamiable, aussi à propos de lʼassurance. Bref, il attend dʼabord de voir si le concerné se manifeste avant dʼagir. «Je me suis tapé la tête. La moindre des choses aurait été de rester auprès de moi. Je voudrais quʼil réalise ce qui sʼest passé, quʼil se rende compte quʼil nʼa pas fait tout juste. Il ne sʼagit pas de le traîner devant la justice, mais quʼil prenne ses responsabilités.»
Egalement touché à une cuisse, le cycliste sʼest ensuite relevé et a suivi son parcours avec son casque détruit sur le chef. Cʼest en revisionnant son parcours sur Strava quʼil arrive à retracer son histoire, car il souffre de blancs. «Je me rappelle mʼêtre arrêté 2 km plus tard, car mon dérailleur faisait du bruit. Mais je nʼai aucune idée de par où je suis passé, aucun souvenir de ce tronçon», raconte le septuagénaire.
Finalement, le sportif a eu besoin de sʼarrêter plusieurs fois sur son parcours pour se reposer et manger. Une quarantaine de kilomètres après le choc, arrivé à Bavois, il décide rentrer à la maison en train. «Pédaler aussi long temps dans mon état était un peu inconscient», reconnaît-il.
A lʼhôpital, on lui a diagnostiqué une commotion cérébrale. La radiographie effectuée nʼa, heureusement, révélé aucune fracture: le casque a fait le boulot. Il souffre également dʼun gros hématome à une cuisse. «Jʼai encore un peu mal à la tête», glissait, une semaine après la collision, lʼamateur de vélo.
Il énumère encore des bribes de souvenirs de lʼaccident: «Le motard a dû arriver derrière moi, car je ne lʼai pas vu venir. Après la chute, je me rappelle lui avoir dit que mon vélo était abîmé, il mʼa répondu que sa moto aussi, mais je nʼai pas le souvenir de lʼavoir vue au sol. Une voiture est passée, sans sʼarrêter…»
Et de défendre la cause des cyclistes, en espérant que son récit fasse réfléchir les usagers de la route qui, parfois, oublient les règles de prudence lorsquʼils croisent des vélos. «On nʼest pas protégés. Il y a de la prévention à faire avec cette histoire.»
TEXTE ET PHOTO: MANUEL GREMION





























