Mise au point de la Municipalité

À l’heure oĂč nous bouclons cette derniĂšre Ă©dition de 2019, nous apprenons qu’une antenne 5G est en fonction Ă  Cossonay depuis le 9 dĂ©cembre. Voici le message postĂ© avant-hier sur le site Internet de la commune: «La MunicipalitĂ© de Cossonay a Ă©tĂ© informĂ©e le 15 dĂ©cembre dernier de la mise en service le 9 dĂ©cembre 2019 de la technologie 5G sur l’antenne situĂ©e aux abords de la route de la Sarraz, Ă  proximitĂ© de l’entrĂ©e de la localitĂ©. Elle tient Ă  confirmer que cette action a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©e par l’opĂ©rateur propriĂ©taire de l’installation. Malheureusement, elle n’a aucun moyen lĂ©gal d’agir Ă  l’encontre de cette sociĂ©tĂ©. En effet, si une autorisation pour transformer ou installer un mĂąt ou installation de tĂ©lĂ©phonie mobile est requise, ce n’est pas le cas lorsqu’un changement de technologie intervient. Pour le canton de Vaud, 119 sites sont concernĂ©s. Concernant l’antenne en question Ă  Cossonay, la derniĂšre autorisation municipale date de 2016, soit avant que le dĂ©bat autour de la 5G n’ait commencĂ©. En outre, dĂ©but dĂ©cembre 2019, soit avant d’apprendre la mise en service de cette technologie sur son territoire, la MunicipalitĂ© a dĂ©cidĂ© que toute nouvelle convention liĂ©e Ă  une installation de tĂ©lĂ©phonie mobile ferait l’objet d’une clause interdisant l’utilisation de la technologie 5G, et ce, jusqu’à nouvel avis. En l’état, la MunicipalitĂ© maintient sa position pour tous les projets en cours ou Ă  venir et ne signera aucune convention qui ne prĂ©voit pas cette clause.»

Communiqué du Canton

Nos dĂ©lais d’impression ne nous permettant pas d’enquĂȘter sur ce sujet nous avons fait le choix de publier ce communiquĂ©, ainsi qu’un autre communiquĂ© mis en ligne le 13 dĂ©cembre dernier par le Conseil d’Etat: «À la suite de la publication du rapport du groupe de travail mandatĂ© par le DĂ©partement fĂ©dĂ©ral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de l’environnement (DETEC) du 28 novembre dernier portant sur le dĂ©ploiement du 5G sur le territoire Suisse, le Conseil d’Etat prĂ©cise sa pratique en matiĂšre de tĂ©lĂ©phone mobile. Si le gouvernement accepte dĂ©sormais les modifications d’antennes dites mineures n’impliquant pas d’augmentation de leur puissance, il n’autorise en revanche pas la construction de nouvelles antennes 5G sur le territoire vaudois. Cette mesure reste en vigueur tant que la ConfĂ©dĂ©ration ne met pas Ă  la disposition des cantons certains outils permettant, notamment, de vĂ©rifier que ces installations respectent les valeurs limites en matiĂšre de rayonnement.

Le rapport du groupe de travail mandatĂ© par le DĂ©partement fĂ©dĂ©ral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de l’environnement (DETEC), rendu public le 28 novembre dernier, montre que tout allĂšgement des valeurs limites des installations entraĂźne une augmentation de l’exposition de la population au rayonnement non ionisant. Or, pour le Conseil d’Etat, seuls le maintien des valeurs autorisĂ©es actuellement et leur contrĂŽle par des mesures permettent de garantir la protection de la population en application du principe de prĂ©caution. DĂšs lors, l’Etat de Vaud autorisera les modifications mineures d’antennes existantes, dits cas bagatelles. Ces travaux sont autorisĂ©s dans la mesure oĂč ils n’entraĂźnen pas d’augmentation de l’exposition de la population au rayonnement dans les lieux dits Ă  usage sensible (LUS), tels que les logements, les places de travail, les Ă©coles ou encore les crĂšches. A ce titre, ces dossiers ne requiĂšrent pas de permis de construire selon les recommandations intercantonales de 2013 dĂšs lors que les restrictions en vigueur assurent la protection de la population. À l’écoute des inquiĂ©tudes exprimĂ©es dans le canton de Vaud Ă  propos de la 5 G, le gouvernement invite toutefois les communes Ă  soumettre Ă  enquĂȘte publique ces cas bagatelles. Une telle dĂ©marche permet en effet Ă  la population de s’exprimer dans le cadre d’une procĂ©dure officielle.

En revanche, aucune nouvelle antenne de tĂ©lĂ©phonie mobile 5G ne sera autorisĂ©e tant que des mĂ©thodes de mesures certifiĂ©es par l’Institut fĂ©dĂ©ral de mĂ©trologie (METAS) ne permettent pas de contrĂŽler le respect des valeurs limites de ces installations.

La position du Conseil d’Etat dans le dossier de la tĂ©lĂ©phonie mobile s’inscrit dans le cadre de sa rĂ©ponse Ă  la rĂ©solution RaphaĂ«l Mahaim et consorts intitulĂ©e Moratoire sur l’installation d’antennes 5G: il est urgent d’attendre! et rejoint la ligne adoptĂ©e par diffĂ©rents gouvernements cantonaux, notamment en Suisse romande.

Au demeurant, le Conseil d’Etat restera attentif Ă  l’évolution future de la tĂ©lĂ©phonie mobile que ce soit d’un Ă©ventuel relĂšvement des valeurs limites fixĂ©es dans la lĂ©gislation fĂ©dĂ©rale ou Ă  toute extension des concessions de tĂ©lĂ©phonie mobile par la ConfĂ©dĂ©ration, notamment sur les trĂšs hautes frĂ©quences (ondes millimĂ©triques).»

Pascal Pellegrino

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